• Du 03 décembre 2018 au 30 janvier 2019

Journées Scientifiques de l’Université de Nantes, juin 2019 Dans le cadre des travaux du Séminaire transversal, « Le Concert des Nations à l’époque moderne. XVIe –XVIIe siècles » (laboratoires associés CRINI, CRHIA, L’AMO, Université de Nantes)

Mythes négatifs, anti-héros et contre-modèles du politique dans l’Europe de la première modernité.

Cette journée d’études souhaite offrir l’occasion d’examiner le rôle et le statut des figures connexes des tyrans, monstres et tortionnaires, qu’ils soient mythologiques, bibliques ou historiques, pour comprendre comment les productions littéraires, les récits historiques, les théories philosophiques et les œuvres plastiques, souvent inspirés par l’Antiquité, les ont constitués comme repoussoirs des vertus  propres aux « uiri illustres » auxquels l’époque moderne a consacré ombre de cycles plastiques et de recueils biographiques. Contrepoints nécessaires aux mythes positifs ou objets de sombres fictions, ces personnalités hors normes rehaussent l’éclat des hommes de bien par la démesure de leurs crimes, de leur folie ou de leur ridicule. Mais leurs légendes proposent aussi, en elles-mêmes, des pistes pour tenter d’analyser les contraintes d’un réel envahi par les désastres en tous genres auquel il faut donner du sens. On se demandera par exemple comment Phaéton, Gygès, Phalaris, Cambyse, Denys, Caligula, Néron, Attila ou Saladin, et bien d’autres encore, en incarnant les injustices d’une fortune arbitraire ou en endossant le statut d’émissaires des forces démoniaques, ont pu contribuer à la préparation d’un « concert des nations ». L’énergie que déploient l’opinion publique, les lettrés ou les souverains européens, en pleine réflexion sur les meilleures formes de gouvernement, pour reléguer aux marges ces héros ambigus, en dit assez long sur la fascination qu’ils exercent mais aussi sur le consensus qu’ils semblent rassembler contre eux. Les mythes infernaux, le déluge, l’apocalypse ou l'« ekpyrosis » ne seraient-ils pas, dans l’imaginaire de la première modernité, autant de tentatives pour penser et contrer la présence du mal dans le monde ?


Organisation de la journée : Anne Rolet et Déborah Boijoux, Université de Nantes, laboratoire LAMO.
Comité scientifique : Pierre Carboni (CRINI), Nicolas Corréard (LAMO), Karine Durin (CRINI), Yann Lignereux (CRHIA), Maïwenn Roudaut (CRINI), Françoise Rubellin (LAMO), María José Vega Ramos (Universidad Autónome de Barcelona), Karen Spierling (Denison University, Ohio, USA).